« Lisbeth mange une pomme…

…et vous pourrez entrer en scène… »

Le 15 janvier dernier, j’ai participé à un atelier de danse contemporaine à l’Usine C (Montréal). La chorégraphe Lisbeth Gruwez et le compositeur Maarten Van Cauwenberghe ont accueilli une dizaine de participantes.
Sur le plateau, un carré central marqué au gaffeur blanc, une lumière bleue sur le devant. Une heure durant, nous allons donc nous prêter au difficile exercice d’agir et non d’être spectateur.

Première étape, caresser quelque chose d’imaginaire. Exemple donné par Lisbeth : un chien.  …Bon, je risque de ne pas être très efficace, il va falloir que je sois très créative. Je décide de caresser des choses improbables, bien plus grandes que moi, comme des montagnes (on fait c’qu’on peut…ou pas)
Seconde étape, continuer à caresser ses pensées, en ajoutant une dynamique : utilisation de l’espace, variation rythmique.

Les cobayes en action...

Les cobayes en action…

S’ensuivent des exercices en duo : inventer un langage corporel et expressif pour faire passer un message sans parler. Pas facile ! Au bout de quelques minutes, je ne sais plus si l’on s’aime ou si l’on s’embrouille avec mes partenaires… Ultime étape, s’incruster dans ce carré blanc et faire passer son message au public (fictif, ouf !) coûte que coûte. Cela se rapproche trop de l’exercice théâtral pour que j’apprécie vraiment le défi, je me sens bien mieux accrochée à la barre du cours de ballet.

Animée par la curiosité et la découverte du travail de Lisbeth, je décide d’aller voir le spectacle deux jours plus tard.

« It’s going to get Worse and Worse and Worse, My Friend » tourne depuis un an déjà. Le spectacle veut montrer la façon dont les mots d’un discours s’importent et créent un langage corporel unique. L’interprète adopte un style vestimentaire masculin, arbore une coiffure féminine, le tout donnant un tableau androgyne prononcé qui vient accentuer l’élégance et la présence scénique de la danseuse et nous renvoie – on ne peut y échapper – aux images des grands dictateurs du siècle passé.
La bande sonore est composée de mots prononcés par le télévangéliste Jimmy Swaggart, mêlés au trio sonore contrebasse-piano-violon. Le moment de transe finale se calque sur un sample d’une pièce pour violon seul composée par Arvo Pärt.

Un geste amenant un son, le musicien doit suivre la danseuse et le spectateur ressent bien la force du tango entre les deux artistes. C’est la phrase dansée qui crée la phrase musicale.

images

Lisbeth Gruwez

Une rencontre après le spectacle nous apprend que le système sonore demeure artisanal (un mot, un bouton), que la première danse est improvisée tous les jours et que le lieu dispose d’un beau sol !

Je n’ai pas retrouvé le lien avec l’idée de caresser un chien, et c’est tant mieux 🙂

Pour les européens, checkez ici et ne manquez pas ça !

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